Revue La Perruque

L’objet ci-dessus est le dispositif de distribution de la revue La Perruque.

La Perruque est une revue qui édite et diffuse des spécimens typographiques. D’étranges formats glanés chez les imprimeurs définissent le modèle économique de sa publication.

Imprimé en marge d’impressions offset, chaque numéro de la revue constitue le spécimen d’un caractère typographique. L’ensemble des numéros tisse un fil entre les contributions des dessinateurs de caractères et graphistes.

Ayant à disposition des perruques (espaces de papier vierge en marge d’impressions) chez un imprimeur offset, je souhaite profiter de ces supports pour articuler une discussion autour de la pratique du spécimen typographique entre différents dessinateurs de caractères et graphistes en leur proposant un support de diffusion gratuit.

L’idée est simple : aller à la rencontre des imprimeurs et leur demander ce qu’il est possible d’imprimer gratuitement. C’est ainsi qu’a été passé un marché qui a dégagé 1 × 90 cm d’espace vierge en marge des impressions courantes de l’imprimeur offset Media Graphic (Rennes), et notamment grâce à la générosité et la curiosité de Francis Voisin. Cet étrange format a été décidé pour la facilité qu’il aura à se greffer dans les marges de la feuille offset.

Il s’agit de tester une économie de la contribution en se basant sur des tactiques d’appropriations et de déplacement de ce que la voie normative de production laisse de côté. En marge, le laissé-pour-compte est glané (ou « hacké »), puis requalifié par sa mise à disposition à des contributeurs. La revue questionne le moyen de sa diffusion en même temps que le procédé et l’économie de sa propre production. La particularité du support définit les règles du jeu de la contribution et le nom de la revue, La Perruque, sous-tend une pratique bien connue de détournement de matériaux et de temps sur le lieu de travail, en vue d’un travail libre et créatif.

De cette manière, des numéros imprimés jusqu’à la production de cette petite pièce de MDF, j’essaye de tester les limites de cette proposition économique axée autour de la contribution. La production des premières 150 pièces de MDF a été faite en douce sur une fraiseuse CNC du FabLab de La Cambre. Étant étudiant à l’erg, il m’a fallu missionner une amie étudiant là-bas pour se charger de l’espionnage industriel.

La découpe à la fraiseuse CNC s’est avérée laborieuse et ne permet pas de faire un calepinage optimal (génère environ 35 % de pertes de la surface utile et ne permet de débiter qu’un nombre limité de pièces sur une même plaque), sans compter la nécessiter de poncer chaque pièce une à une à la main.





Toutes les pièces ayant été épuisées lors du Lancement #1 à l’Atelier Bek le 14 avril 2016, j’ai cherché un autre moyen de les produire. Dans l’optique de multiplier les collaborations avec de nouveaux « complices », je décide de contacter l’iMAL pour leur proposer de passer un deal qui me permettrait de produire ces pièces à moindres frais en l’échange d’un service et/ou savoir.

C’est de cette manière que j’ai pu accéder aux FabLab de l’iMAL. Grâce à la complicité d’Yves Bernard et l'aide de Felix Luque et Luc Hanneuse, il m’a été possible d’en fabriquer plus simplement et en plus grand nombre, grâce à la découpeuse laser.

06.05.2016 : Le calepinage étant optimal, je peux débiter environ 230 pièces sur une plaque de 100 × 80 cm (à la différence de 75 à la fraiseuse CNC sur une plaque de 100 × 60), et aussi graver quelques ajouts typographiques. La seule inquiétude était de savoir si la brûlure laissée par le laser n’allait pas tacher le papier de la revue, ce qui n’est pas le cas.



Quelques essais non concluants de gravures typographiques m’ont dissuadés de les faire figurer sur les pièces. Il me manque encore de l’expérience sur la machine pour obtenir une gravure de qualité.